Réaction à l’incendie de Paris du 4 février 2019 : quelle place les personnes souffrant de troubles psychiques trouvent-elles dans la société ?

L’horrible drame de l’incendie du 16ème arrondissement de Paris, dans la nuit du 4 au 5 février, a fait 10 morts et 96 blessés. Nous pourrions dire les horribles drames, car au-delà des malheureuses victimes « directes », il y a des familles, des proches, des voisins, des sauveteurs, des intervenants qui se trouvent impliqués ! Quelles que soient les capacités de résilience de l’être humain, capacités réparties de manière inégale, des « évènements » semblables restent marqués définitivement. La « nuance », c’est que les témoins peuvent, après le temps différent nécessaire à chacun, continuer à vivre !

Avec les médias, ces témoins sont innombrables. Il y a chez des personnes, même fort éloignées, et notamment parmi les adhérents des Gem, certaines qui vont en être bouleversées durablement. De ces personnes, d’une sensibilité sans fond, qui « absorbent » les horreurs de ce monde, voire les prennent à leur compte ! Au Gem, le collectif va y être attentif.

Une autre remarque porte sur les « caractéristiques » de la personne inculpée. Cela relance le débat sur les moyens alloués à la psychiatrie dans notre pays. Pas seulement les moyens financiers, qui sont notoirement insuffisants (depuis de nombreuses années) mais, et surtout, sur ses manières de faire et de se comporter envers les personnes dont elle est tenue de s’occuper. Il ne s’agit pas d’accuser les professionnels de terrain qui, dans leur grande majorité font du mieux qu’ils peuvent, mais il semble que le système même les enferme dans des attitudes défensives, voire des souffrances réelles au travail, qui ne les laissent pas disponibles, ni physiquement ni psychiquement, pour accueillir avec la qualité qu’ils souhaitent la souffrance et les maux d’autrui.

Il ne s’agit pas pour nous de se faire juge et de commenter davantage ce qui s’est passé cette nuit-là. Nous souhaitons, par contre, insister sur le fait qu’il y a, ensuite, le risque d’une stigmatisation augmentée des personnes atteintes de troubles psychiques. Sans rappeler tout ce que dit fort justement à ce propos Marie-Jeanne Richard, Présidente de l’Unafam, dans un article de Charlotte Chabas (8 février, Le Monde), nous insistons sur le fait que les GEM, qui ne sont en aucun cas des substituts des services de psychiatrie (pas plus que des établissements médico-sociaux) travaillent sans relâche à créer une qualité d’accueil et d’accompagnement pour leurs adhérents mais aussi pour tout-un-chacun dans la cité. En s’appuyant sur le collectif, l’association, qui le constitue, ils contribuent grandement à la déstigmatisation des personnes (ce dont, semble-t-il on a fichtrement besoin si l’on considère, par exemple, la montée de l’antisémitisme qui fait le une des media ces jours-ci). Ils contribuent à une meilleure participation sociale des personnes se reconnaissant comme ayant ou ayant eu des troubles psychique (depuis 2011des lésions cérébrales).

C’est modeste mais indispensable !

Le CNIGEM

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